PORTRAIT

ENTRETIEN AVEC JOSEPH LOSFELD, RECTEUR DE L'ACADÉMIE NANCY-METZ

Nommé récemment en remplacement du Recteur William Marois, lui même muté à Rennes, Joseph Losfeld, 54 ans, universitaire originaire du Nord a mené toute sa carrière d'enseignant à l'Université des sciences et technologies de Lille 1.
Après une thèse de doctorat d'Etat, il a été notamment directeur du Centre Université Economie d'Education Permanente de Lille 1 de 1980 à 1987, puis chef de la MAFPEN*
auprès du Recteur de Lille. Depuis sept ans,
il dirigeait l'IUFM*
du Nord-Pas-de-Calais.

*MAFPEN : Mission Académique pour la Formation des Personnels de l'Éducation Nationale
*IUFM : Institut Universitaire de Formation des Maîtres


Quel regard portez-vous sur notre région et cette académie de Nancy-Metz que vous découvrez depuis quelques mois ?
"Concernant la formation initiale, j'ai trouvé une académie avec des qualités : des cadres stables, des outils de travail cohérents.
Mais elle souffre d'une baisse démographique : nous perdons année après année, des élèves dans le primaire ; bientôt dans les collèges puis les lycéesŠ Une période de stagnation n'est jamais facile à vivre.

On va vers une stabilisation des effectifs dans les lycées et le 1er cycle universitaire, après une période de 15 années de croissance.

Il va donc falloir aller vers plus de qualitatif, tant dans la formation de base que dans l'insertion, avec une sensibilisation à la formation professionnelle ou une initiation au monde du travail dans les filières générales des collèges et des lycées.
Au niveau de l'université, cela veut dire travailler sur les filières de 2e et 3e cycle, la formation à la recherche et par la recherche, avec développement des laboratoires.

Ce qui m'a frappé dans ce domaine de la formation de base, c'est la manière tout à fait professionnelle avec laquelle a été prise la loi quinquennale : toute l'Education Nationale - que ce soit à la fin du collège ou du lycée - se sent en charge des élèves - et cela, même quand ils la quittent.
Tant dans l'orientation (au niveau des collèges) que dans l'insertion, tout un travail considérable est fait pour suivre les jeunes. Et c'est là, à mon avis, une mobilisation plus importante que dans d'autres régions : on se sent en charge de ces jeunes qui quittent trop souvent l'enseignement obligatoire sans aucun projet.
Projet pourtant indispensable, pour lequel ils doivent être accompagnés, même s'il passe peut être par d'autres formations que la formation initiale.

Il faut noter aussi le dynamisme de l'apprentissage, grâce à l'impulsion très forte de la région et l'accompagnement de nos établissements.
Pour faciliter l'insertion professionnelle, nous nous orientons vers une autre forme de formation initiale, beaucoup plus liée à l'entreprise. Ce souci de l'emploi est très présent."


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