TRIBUNE

AGRICULTEUR, FORMATEUR, TUTEURŠ POUR DEVENIR EMPLOYEUR

Une démarche intéressante est mise en oeuvre depuis quelques semaines sur une partie de la Moselle. L'objectif est de faire se rencontrer deux logiques : celle des offreurs de travail et celle des demandeurs d'emploi en agriculture. Apparemment simple, et pourtant...
Un besoin de main d'oeuvre, mais...
Suite à une enquête lancée, voilà un an, par la Chambre d'Agriculture de Moselle, des exploitants des secteurs de Dieuze et de Vic-sur-Seille ont révélé qu'ils rencontraient des problèmes d'organisation de travail et un déficit de main d'oeuvre. Et pourtant, ils ne se sentaient pas prêts à devenir employeur. En effet, accueillir et intégrer une personne extérieure à l'entreprise n'est pas chose facile car la vie familiale et la vie professionnelle d'un agriculteur sont souvent imbriquées.

Par ailleurs, un constat a été fait avec l'ANPE : il n'existait pas de demandeur d'emploi en agriculture. De plus, les lycées agricoles du secteur ne proposaient pas à ce jour de formation pour des jeunes dont le projet professionnel est le salariat en exploitation agricole.

Une formation pour un double objectif

La Chambre d'Agriculture a élaboré, avec un groupe d'une vingtaine d'exploitants volontaires, une formation pour demandeurs d'emploi, financée par la DRTEFP de Lorraine. Cette formation permet d'une part de préparer les exploitants à devenir de futurs employeurs et d'autre part les stagiaires à acquérir les gestes techniques d'un salarié agricole
Concrètement, la Chambre d'Agriculture et les employeurs, avec l'aide de l'ANPE, ont recherché durant l'été 14 demandeurs d'emploi prêts à travailler en agriculture, même sans connaître parfaitement quelles tâches les attendaient. Un stage pré-qualifiant, a démarré début septembre faisant alterner sur 5 semaines des séquences de découverte de l'agriculture, ses productions, ses métiers,Š réalisées en salle ou au cours de visites par des professionnels.
Le pari des organisateurs de cette démarche était ambitieux : trouver des demandeurs d'emploi intéressés par le travail en agriculture, trouver des agriculteurs prêts à passer d'une organisation familiale à une organisation d'entreprise, former employeurs et salariés, et permettre une communication entre deux mondes différents...
Le résultat sera connu avant l'été, mais tous les ingrédients de la réussite sont déjà réunis !
Début octobre, 10 de ces stagiaires ont "accroché" au métier et s'engagent dans la phase qualifiante, toujours encadrés par les exploitants. Au cours d'un stage de six mois, en alternance, financé lui aussi par l'Etat, ils acquièrent les savoir-faire de base. Le programme de la formation est calqué sur celui d'un Brevet Professionnel Agricole, de niveau V.

Là encore, l'alternance bat son plein avec près de 50 % du temps en "chantier-école", sur les exploitations des employeurs potentiels. Dans la pratique, chaque stagiaire passera au moins sur deux entreprises différentes, ce qui lui permettra de se positionner sur deux types d'activités distinctes, et de valider des choix, des préférences, etc...
P.D.


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