ÉDITORIAL

Ceci n'est pas une place libre, rendons leur place aux personnes handicapées" était le slogan de la campagne de sensibilisation lancée cet été pour interpeller l'opinion et les pouvoirs publics sur la nécessité de respecter les emplacements de stationnement réservés aux handicapés.

Le problème de l'accessibilité des handicapés aux bâtiments publics et aux transports en commun est crucial puisqu'il met directement en cause le droit à utiliser le service public.

Moins souvent abordée, la question de l'emploi et de la formation des handicapés l'est cependant tout aussi. Or, la situation française n'est pas des plus satisfaisantes.

Alors que la loi de 1987 impose un taux d'emploi des handicapés de 6 %, ce taux s'élève en réalité à 5 % dans les collectivités locales (la moitié des communes satisfont à l'obligation légale), 4 % dans le secteur privé et 3 % seulement dans la fonction publique de l'Etat.

D'autre part, parmi les établissements assujettis à l'obligation d''emploi, 37 % respectent ou dépassent le taux légal de 6 % de travailleurs handicapés mais ils sont encore environ 40 % à n'employer aucun travailleur handicapé.

Ces statistiques tendent à démontrer que l'Etat conserve son fâcheux penchant à ne pas respecter une réglementation qu'il est pourtant si prompt à imposer à ses partenaires.

En matière d'handicap comme dans d'autres formes d'exclusion, l'Etat ne manque pas de bonnes intentions mais ce sont les collectivités locales, les associations et les familles qui trop souvent encore montrent le chemin.

François MULLER
Conseiller Régional
Président d'INFFOLOR



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