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SMART : DES JEUNES GONFLÉS À L'HÉLIUM

A voiture du 3eme type faut-il des constructeurs extra-terrestres ? " Pas du tout, répondent les responsables du recrutement de M.C.C. L'important est d'être en phase avec le projet et l'esprit SMART ".
Et comment y arrive-t-on avec des jeunes demandeurs d'emploi ?
Pour le savoir, faisons un détour par une opération inédite.


Cela pourrait commencer ainsi :
27 octobre 1997. Grand raout européen à Hambach. Jacques CHIRAC et Helmut KOHL inaugurent SMARTville. Hymne à la coopération, à l'Europe, au génie créateur, etc.

Mais cela devait commencer ainsi :
Printemps 1997. Colette MEIGNANT, responsable de la Mission générale d'insertion au Rectorat, sollicite M.C.C. et propose un dispositif de recrutement de jeunes sortis du système scolaire. Elle rencontre une écoute attentive. Mais le nouveau concept industriel élaboré par M.C.C. met en oeuvre une culture d'entreprise totalement nouvelle. Autonomie des équipes, prises en compte de la qualité par chacun, esprit de groupe sont les clefs de la réussite pour les responsables du projet. Que peut faire l'Education nationale ?

Liliane FONTAINE, alors directrice du C.I.O. de Sarreguemines, fait la proposition suivante : préparer des jeunes demandeurs d'emploi titulaires d'un CAP ou d'un BEP à un entretien de recrutement avec M.C.C. et ses partenaires. Pas de formation répétant les schémas scolaires, mais une démarche pour développer le sens du travail en équipe, l'aptitude à communiquer, l'autonomie, la connaissance de l'industrie automobile. Bref, un Module d'Accompagnement Vers l'Emploi (M.A.V.E.)* de deux mois en moyenne.

C'est ainsi que, de mai à décembre 1997, 120 jeunes ont été embauchés par M.C.C. et ses partenaires (Andersen Consulting, Automobile France, TNT, Panopa, Rhenus, Morolf, Ymos/ Uniport, Eisenmann/ Surtema, Krupp Systèmes Magna, V.D.O., Uniport, Bosch, Dynamit Nobel) après avoir suivi ces modules au centre de formation d'apprentis Henri NOMINE de Sarreguemines, sous la responsabilité pédagogique de M. Roland HAMMAN, ou au lycée Pierre et Marie CURIE de Merlebach, sous la responsabilité de M. Jean-Marie HAAS.

M. VIGUIER, responsable-formation à M.C.C., le reconnaît : " A la sortie d'un M.A.V.E., tous ces jeunes étaient gonflés à l'hélium. Ils étaient fortement motivés et prêts à se vendre ". Reprenant l'analyse de ces modules, il estime que " l'intérêt de ce projet, c'est la reproduction d'une démarche d'entreprise. Nous insistons sur le rôle central du travail du groupe, qui doit être capable de gérer les fonctions de production autant que de se gérer lui-même. Vous comprenez alors toute l'importance accordée au sens relationnel et à l'esprit d'équipe des gens que nous recrutons ". Les coordonnateurs des modules semblent répondre comme en écho : " d'où l'accent mis sur la démarche de projet ! Chaque groupe devait créer une oeuvre en rapport avec la SMART. Il a fallu que chacun définisse son projet, s'organise, apprenne à négocier, gère son planning ". En bref, ce sont des compétences transversales qu'il convenait de développer, celles que demandent de plus en plus les entreprises.

Certes, comme dans tout processus de formation, il a fallu procéder à des ajustements en cours de route pour toujours mieux " coller " à la demande de M.C.C. et de ses partenaires. Mais former n'est-ce-pas aussi transformer ? Chacun dans cette opération a bougé en quelque sorte : les jeunes se sont mis en route, les équipes de l'Education nationale ont gagné des compétences nouvelles, l'entreprise ne regarde plus le système éducatif de la même façon.
Et si la SMART est bien un véhicule du 3eme type, ses opérateurs de montage restent des hommes et des femmes pleinement équilibrés, capables d'initiative. Pour voir les extra-terrestres, il faudra continuer à aller au cinéma.
J.P.A.
* Formation financée par le Conseil Régional et la MIJEN.


Du R.E.V.E.... pour conforter le réel

Lorsque vous entrez dans la salle de réunion du GRETA de Sarreguemines, votre regard s'arrête immédiatement sur une fresque géante. En trois dimensions, toute l'histoire économique locale vous est racontée à l'aide de couleurs chatoyantes. L'effet SMART a-t-il encore joué ?

Et bien oui ! Car ce sont vingt demandeurs d'emploi de longue durée qui, en 1997, ont libéré toute leur énergie pour créer cette oeuvre, dans le cadre d'un module de Redynamisation Vers l'Emploi (REVE)* inspiré des MAVE (cf. article ci-contre) - Objectifs de ce module : construire l'adhésion à une équipe et à une culture d'entreprise, et préparer un entretien d'embauche pour MCC et ses partenaires.

On pourrait facilement ironiser sur la passion des sigles que manifeste l'univers de la formation continue. Il faudrait presque un CD ROM entier de lexique ! Mais derrière ces mots - MAVE, REVE - il y a un véritable travail, une recherche d'innovation. Ainsi, renforcer l'adaptabilité au travail de MCC de 22 chômeurs de longue durée déjà recrutés, conforter leur motivation, c'était bien la nouveauté d'un Module d'Accompagnement Vers l'Emploi mis en place du 8 septembre au 2 novembre 1997 et du 9 juin au 18 juillet 1997. Et là aussi les stagiaires ont libéré leur énergie créatrice, développé leur autonomie, garants d'une insertion réussie dans l'univers Smartien.

Alors, si vous passez à Sarreguemines, faites un détour par la salle de réunion du GRETA. Vous aurez le sentiment que la fresque d'une histoire, c'est aussi l'histoire d'une fresque humaine.
* Formation financée par la DDTEFP.


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