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La profession agricole s'implique dans la formation de tuteurs Pour avoir droit aux aides au démarrage, les futurs exploitants doivent avoir acquis au moins un niveau IV (= Bac Pro) et effectuer un stage de 6 mois en exploitation après leur parcours scolaire. Ces objectifs ne peuvent être atteints sans une participation active des agriculteurs en qualité de tuteurs. Aussi 3 actions concrétisent cette volonté. Le stage de 6 mois préalable à l'installation Il permet au stagiaire d'affiner son projet professionnel (travaux de terrain, gestion, prise de décision). Ceci implique la recherche d'un tuteur adapté à la situation. Afin de posséder un répertoire de "Maître-Exploitants" (terme utilisé pour ce type de tutorat) la profession, par l'intermédiaire des Chambres d'Agriculture, a exigé que ceux-ci suivent une formation adaptée et répondant aux exigences précitées. Le maître d'apprentissage Avec l'essor de l'apprentissage, l'APCA (organisme fédérateur des Chambres d'Agricultures) a souhaité mettre en place une formation de maître d'apprentissage. Encouragé par le Conseil Régional, deux formations de ce type ont été expérimentées en Lorraine.Ces travaux doivent déboucher sur la mise en place d'un titre de maître d'apprentissage confirmé, délivré par les Chambres d'Agriculture. La synthèse des différentes formations de tuteurs Cette description ne serait pas complète si nous ne parlions pas de l'implication des agriculteurs dans les Bac Pro Agricoles. Ce qui nous amène à l'étape actuelle : la synthèse des différentes formations de tuteurs. Cette synthèse de toutes ces pratiques dans un moule unique semble impossible tant les objectifs sont divers et variés. Toutefois, la mise en place d'un tronc commun avec en parallèle des modules ou des options adaptées aux différentes situations devrait faire l'objet d'une étude approfondie. |
La fonction tutorale : une notion primordiale pour le patronat
Depuis de nombreuses années, l'Union Patronale de Lorraine sensibilise les entreprises à la fonction tutorale. En effet comme le précise M. DIWO du service emploi-formation de l'UPL "c'est une notion primordiale pour insérer des jeunes notamment en situation d'échec scolaire dans l'entreprise et d'assurer la réussite de leur formation".
A l'origine, de grandes entreprises (ex : Peugeot) ont contacté l'UPL. Accueillant de nombreux stagiaires, elles se sentaient quelque peu désorientées pour les intégrer. Aussi, l'UPL a pris l'initiative d'organiser des réunions de sensibilisation au tutorat en direction de toutes les entreprises et notamment des PME/PMI.
"Notre politique est de dire" ajoute M. DIWO, "la formation a certes un coût mais il est nécessaire de la proposer à un public en difficulté. Pour ce faire, il faut donner aux entreprises les moyens d'accueillir et d'intégrer ce public. D'où, investir dans la formation de tuteurs. En fait, la politique de l'UPL est d'être en phase avec le développement de l'alternance et notamment avec la mise en place du PRDF initié par le Conseil Régional de Lorraine. De plus, des rencontres avec nos voisins sarrois, est l'occasion d'échanger sur nos pratiques".
Par ailleurs, dans le cadre d'une opération menée en concertation avec les syndicats, l'UPL a mené une action en direction des entreprises afin de les inciter à former des jeunes en situation difficile. Les syndicats ont rencontré les délégués des entreprises qui avaient accepté de mener cette opération. "En effet, une telle action nécessite que l'ensemble de l'entreprise y soit sensibilisé"> souligne M. DIWO.
"Suite à un audit, les conclusions de cette opération sont positives tant en termes de qualification qu'en termes d'embauches. La réussite de cette opération repose avant tout sur un fort partenariat entre le patronat, les syndicats, la DRTEFP, l'ANPE et les Missions Locales."
Le tutorat : vers de nouvelles perspectives ?![]()
Les deux exemples ci-dessous nous montrent que le tutorat évolue. En effet, avec l'entreprise MULLER TP, il devient une action citoyenne. Quant au témoignage de Frédéric, il fait émerger un nouveau type de tutorat : celui de compétences. Il se traduit par la transmission des savoir-faire par un salarié (souvent proche de la retraite) vers un autre.
Transfert de compétences au Marché Central de Nancy
Frédéric HUMBERT, 25 ans, a repris une affaire de Primeurs au Marché Central en 1996. Son parcours a débuté six ans plus tôt par un contrat en alternance dans lentreprise familiale pour préparer un CAP-BEP vente action marchande. Sa grand-mère (et tutrice) avait fixé lobjectif : rendre Frédéric capable de poursuivre la tradition professionnelle de la famille. Le transfert de compétences, allié au contrat de qualification, a pleinement fonctionné.
Lapprentissage des tâches a été progressif pendant les deux premières années qui ont permis dacquérir les fondamentaux du métier : connaissance des produits, marchandisage et relation clientèle. Réussite aux examens et poursuite : cest le Bac pro commerce et deux nouvelles années où le jeune salarié a pu, en cours et sur le tas, sessayer à la création dentreprise. Un dossier professionnel bien ficelé soutenu devant un jury académique et cest un nouveau départ pour deux nouvelles années dalternance, cette fois un BTS action commerciale. Mais pour que la formation soit complète, lentreprise et le jeune décident deffectuer la dernière ligne droite au contact du monde de la grande distribution : gestion de rayon, actions promotionnelles et contacts fournisseurs parachèvent le trajet qualifiant qui ramène Frédéric sous la halle.
Sans être totalement représentatif, cet exemple réussi du couple théorie-pratique apporte un éclairage sur le bon usage de lalternance .