
MONSIEUR YVES POIRIER
DIRECTEUR REGIONAL DU TRAVAIL, DE L'EMPLOI ET DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE (D.R.T.E.F.P.)
Récemment nommé DRTEFP de Lorraine, Monsieur POIRIER a découvert cette fonction en l'exerçant en Région Alsace durant 4 ans et en réalisant à Strasbourg à partir du 01/01/95 la fusion des anciens services qu'étaient la Direction régionale du travail et de l'emploi et la Délégation régionale de la formation professionnelle. Cette addition de compétences, qu'il retrouve organisées en Région Lorraine, permet d'actionner conjointement les 3 volets du même clavier que sont les politiques et mesures relatives au travail, à l'emploi et à la formation professionnelle.
O.F. : La Lorraine, une région que vous appréciez ?
Y.P. : Assurément, je suis heureux de retrouver la Lorraine, ses habitants, ses salariés, ses décideurs. D'abord j'affirme un plaisir marqué à travailler sous l'autorité de Madame Bernadette MALGORN, Préfet de Région, dont les compétences et les analyses sont impressionnantes de densité et de justesse particulièrement dans les domaines de l'économie et de l'emploi.
Ensuite, je déclare un profond sentiment de sérénité et de confiance, ressenti au contact des équipes de professionnels qui composent la DRTEFP et les quatre DDTEFP : elles font preuve, dans un champ de compétences névralgique, constamment mobile, émaillé de réformes constantes, de beaucoup de maîtrise technique, de conscience professionnelle, d'ambition collective et de disponibilité.
O.F. : Quelles sont les priorités de la DRTEFP en matière d'emploi et de formation ?
Y.P. : Au-delà de l'investissement quotidien sur les chantiers prioritaires que sont l'aménagement-réduction négociés du temps de travail, le développement à destination des jeunes des nouveaux services-nouveaux emplois, la mobilisation sur les programmes de lutte contre le chômage de longue durée et contre l'exclusion, l'amélioration de la sécurité et des conditions de travail, au-delà des rendez-vous prochains et passionnants que donne la négociation des contrats de plan Etat-Région, des contrats de ville et d'agglomération, je voudrais souligner deux postures qui caractérisent particulièrement les modes de mise en oeuvre des politiques de l'emploi et de la formation.
€ La territorialisation des politiques avec sur chacune des 17 zones emploi-formation de la région, l'élaboration de diagnostics et de plans locaux d'action qui doivent progressivement avoir la vertu d'élargir le cercle des acteurs pour englober l'ensemble des programmes déclinables localement. Cette démarche initiée à travers le programme globalisé de lutte contre le chômage de longue durée devra couvrir aussi les dispositifs à destination des jeunes, ceux à destination des plus menacés d'exclusion et fédérer cet ensemble dans la logique particulièrement structurante et impérieuse du Plan National d'action pour l'emploi issu du sommet de Luxembourg et de son volet "nouveaux-départs". Cette démarche cohérente peut se résumer de la manière suivante "sur des lignes de programmation et d'orientation régionales, plus d'initiatives locales pour mieux répondre aux besoins spécifiques du terrain".
€ L'accompagnement le plus individualisé possible des demandeurs d'emploi jeunes ou adultes. L'aboutissement positif du parcours est en effet au moins autant conditionné par l'appui permanent d'un référent, d'un tuteur, d'un parrain, que par la nature technique et le nombre des mesures proposées.
Parmi ces priorités, le DRTEFP au nom de l'Etat veut citer la formation professionnelle.
Il n'est pour s'en convaincre qu'à rappeler que l'année 1999 va vraisemblablement concrétiser la perspective de la mise en place de la réforme de le formation professionnelle. Les premiers contacts avec les partenaires sociaux laissent apparaître un premier consensus sur la nécessité de remettre à plat un système qui au fil des ans est devenu d'une grande complexité et qui surtout s'est progressivement écarté des objectifs que s'étaient fixés ses fondateurs du moment de la loi de 1971.
O.F. : Quels seront les objectifs de cette réforme ?
Y.P. : Les ambitions correspondront certainement à la volonté :
€ de rétablir une plus grande égalité d'accès à la formation professionnelle,
€ de favoriser le déroulement de parcours professionnels à travers le développement de la validation des acquis,
€ de redonner toute leur place aux formations en alternance dans l'intégration professionnelle des jeunes,
€ face à la précarité de l'emploi, à la diversification des relations de travail, de permettre à tous de se prémunir contre les ruptures de la vie professionnelle et de développer des compétences validées et reconnues dans les entreprises.
De plus, cette formation professionnelle continue aura à l'évidence sa place dans le prochain contrat de plan : ce volet stratégique n'aura toutefois de sens que dans la mesure où il apportera une plus value par rapport à la simple addition des dispositifs portés par l'Etat et la Région. Et les cibles qu'il est possible d'ambitionner sont nombreuses : structuration de l'offre de formation, évolution des produits en nature et en contenu, expression organisée des besoins structurels de main-d'oeuvre qualifiée, accentuation des pratiques effectives de gestion prévisionnelle des hommes et des compétencesŠ
O.F. : Et quelle est la place de l'information ?
Y.P. : Plus que jamais l'information sur la formation professionnelle s'impose, massive, exhaustive, neutre, fiable, actualisée, lisible, complète, comme volet démocratique et technique incontournable gageant la réussite des politiques mises en oeuvre. A cet égard, la compétence et la légitimité d'INFFOLOR sont des atouts majeurs particulièrement appréciés par les réseaux d'informateurs locaux en contact avec le public (missions locales, PAIO, ANPEŠ) et les évolutions envisagées, que je me réjouis d'encourager, sont d'autant d'opportunités précieuses.
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