BTP DE MEURTHE-ET-MOSELLE
SYLVIE PETIOT :
" Donner envie aux jeunes de s'orienter vers le BTP "

a tempête du 26 décembre n'a pas manqué de mettre en avant les deux gros problèmes liés aux activités du BTP : d'une part, le manque de main-d'oeuvre, d'autre part, un besoin de nouvelles compétences au sein des entreprises. Sylvie PETIOT, Présidente de la fédération du BTP de Meurthe-et-Moselle souhaite faire face à ces problèmes. Elle veut redonner ses lettres de noblesse au travail manuel, donner envie aux jeunes de s'orienter vers la filière BTP et proposer aux entreprises des formations adaptées.


OBJECTIF FORMATION : Comment les entreprises du secteur BTP utilisent les dispositifs de formation ?
Sylvie PETIOT : Cela dépend de leur taille. Les petites entreprises rencontrent des difficultés à mettre en place les formations dont elles ont besoin. Elles n'utilisent les formations qu'en cas de nécessité, lorsqu'elles sont confrontées à des problèmes pressants.
Les entreprises importantes, plus structurées, travaillent sur du long terme et peuvent prévoir les formations à l'avance.

Mais au problème de formation s'ajoute aussi le manque de main-d'oeuvre :

Dans le système actuel, les jeunes ne se dirigent pas spontanément vers le BTP. Le manque de main-d'oeuvre, d'exécution et d'encadrement, se fait ressentir.

En particulier, le second oeuvre souffre d'un manque d'encadrement de chantier. C'est pour cette raison que l'IUT, en accord avec la fédération BTP 54, a mis en place une année complémentaire, s'adressant aux jeunes titulaires du DUT Génie Civil. Période durant laquelle, ils vont apprendre et aborder sérieusement les professions du second oeuvre. Cette année de spécialisation est sanctionnée par le DIT (Diplôme d'Ingénieur-Technologue).
La fédération s'implique de plus en plus dans l'enseignement, privé et public. Beaucoup de professionnels y donnent des cours, pour former les étudiants aux réalités concrètes du terrain.

O.F : Que fait la fédération du BTP pour pallier aux problèmes de formation au sein de l'entreprise ?
S.P : La Fédération Régionale (FFB Lorraine) a créé au cours de l'année 1999, l'Institut de Formation et de Recherche du BTP (IFR-BTP).

Cet Institut a un triple objectif :

- Optimiser les ressources régionales dans le domaine de la formation professionnelle pour améliorer le service formation aux adhérents des fédérations et syndicats départementaux,
- Régionaliser les expériences de chacun,
- Concevoir, mettre en place, suivre et centraliser des stages répondant aux besoins des adhérents des structures départementales.
Ce service est mis à la disposition des petites, moyennes et grosses entreprises.

O.F : Quelles sont les procédures d'organisations de la formation ?
S.P : Elles se font en deux temps.
Tout d'abord, un échange d'informations régulier est réalisé entre l'échelon départemental et l'échelon régional, les besoins sont compilés au niveau régional.
Dans un deuxième temps, il y a le montage du stage.
En fonction des thèmes retenus, l'IFR-BTP recherche des organismes compétents et élabore le cahier des charges si nécessaire. Les organismes de formation partenaires sont naturellement ceux de la profession (CFA, Centre R. Bard, OPP-BTP, APROBA) mais aussi des institutionnels (GRETA, AFPA) ou des consultants privés.
Le programme de formation est proposé aux départements qui donnent leur avis et acceptent.
Les organismes financeurs (Conseil Régional, Etat, FSE, OPCA) étant gérés régionalement, la recherche de cofinancement, en particulier pour les stages longs et coûteux se fait au niveau de l'IFR-BTP.
Pour l'organisation pratique des stages, l'IFR-BTP propose des lieux de réalisation en fonction des demandes. Les fédérations départementales choisissent les dates et diffusent les stages auprès de leurs adhérents. L'IFR-BTP compile les retours et relance téléphoniquement ou visite les entreprises si nécessaire.

Le suivi, le recueil de satisfaction des stagiaires et l'évaluation finale du stage sont réalisés conjointement.


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