INNOVATION PÉDAGOGIQUE : UN DÉFICIT DE COMMUNICATION ?

" Etre innovateur, c'est lutter contre la routine qui engourdit, c'est être moderne et répondre aux exigences de la société... "

La notion d'innovation traverse l'histoire des pratiques d'éducation et de formation depuis le début des années 60 (notamment en Lorraine).
En effet, à la suite de la création, au sein du système éducatif, d'organismes de formation continue, des personnels enseignants, des chercheurs et formateurs prennent progressivement conscience de l'importance des initiatives, des améliorations ou des perfectionnements ici et là par les acteurs eux-mêmes dans leurs actions de formation.
Mais simultanément, se profile le constat que ces innovations sont peu capitalisées et donc rarement ré-interrogées dans une perspective de recherche ou de diffusion plus large.

Par ailleurs, l'émergence, l'institutionnalisation progressive, puis la généralisation des pratiques de formation continue à tous les secteurs n'est pas également accompagnée d'un engrangement systématique des expériences et des avancées novatrices réalisées à l'intérieur de ce champ.
Tout se passe comme si chaque génération de formateurs ou de chercheurs devait refaire pour son propre compte et à sa manière, le chemin déjà effectué par d'autres à des époques différentes.

Comme le précise Hubert JAOUI, " On peut poser l'équation : innovation = créativité + communication. Une idée simplement inventée n'est pas une innovation, elle ne le devient qu'au moment où elle a été communiquée efficacement aux personnes chargées de réaliser l'idée et aux personnes chargées de l'acheter, de l'utiliser, de la consommer ".1
1 Hubert JAOUI. La créativité mode d'emploi.

Ainsi, l'effort de recenser, de diffuser et de promouvoir la recherche et la production pédagogique devenait indispensable mais encore fallait-il l'accompagner d'une politique d'animation susceptible de favoriser un climat de dialogue.
Pour répondre à ces exigences, INFFOLOR choisit en 1993 de créer un événement annuel : Le Concours de l'Innovation Pédagogique.

L'ORGANISATION DU CONCOURS

Il est ouvert aux structures d'accueil, aux entreprises et aux organismes de formation qui dans le cadre de leurs activités ont réalisé des actions de formation continue ou d'insertion.

Concernant l'organisation, INFFOLOR a mis en place deux structures dont les membres sont renouvelés à chaque nouvelle édition du concours :

- le comité d'experts : chargé de concevoir le thème et le règlement du concours. Il se compose des lauréats de l'année précédente et de personnes reconnues pour leurs connaissances en matière de recherche et de production pédagogiques.

- le Jury : composé d'une douzaine de personnes issues de diverses organisations et institutions lorraines (Conseil Régional, DRTEFP, ANPE, ONISEP, Université, organisations syndicales, GARF,...).

Depuis 1993, 180 dossiers ont été déposés dont 80 ont été retenus et examinés par le Jury.

RETROUVEZ SUR LE SITE INFFOLOR
(www.inffolor.org)
UNE RÉTROSPECTIVE
DU CONCOURS
DEPUIS SA CRÉATION
(LES THÈMES ABORDÉS, LES DOSSIERS RETENUS ET LES CANDIDATS PRIMÉS).


L'INNOVATION PÉDAGOGIQUE : EDITION 99

En 1999, l'objectif du sixième Concours-Inffolor était de mettre en exergue tout outil, démarche, méthode garantissant à tout individu les mêmes chances d'accéder à la formation professionnelle avec pour finalité : l'emploi, la (re)qualification ou l'adaptation à un poste.

Deux démarches originales primées par le Jury

GRETA DE NANCY/TOUL ET GEIST 21

Dans le cadre d'une formation en alternance mise en place en septembre 1997 par le GIEST 21 (Groupe d'Etude pour l'Insertion Sociale des personnes porteuses de Trisomie 21) et le GRETA de Nancy/Toul, un groupe de jeunes a reçu un enseignement destiné à les préparer aux activités des techniques de collectivités.
Formés au lycée professionnel Marie Marvingt de Tomblaine, ces jeunes ont appris 5 spécialités : la cuisine, la plonge, le service, l'entretien des locaux et du linge.
L'objectif principal de cette formation était de faciliter leur autonomie et leur insertion en milieu ordinaire de travail.

Ainsi, cette action a reposé sur 4 grandes idées :

- la pratique d'une réelle alternance où familles, formateurs, tuteurs et entreprises ont participé ensemble à l'émergence de compétences utiles pour l'insertion,
- la validation d'une formation par un portefeuille de compétences prouvées et reconnues par le GRETA,
- la personnalisation de la formation grâce à l'utilisation d'outils multimédia permettant ainsi à chaque jeune de travailler à son rythme,
- et enfin la relation permanente entre formateurs et parents dans un objectif d'information réciproque et de régulation pédagogique.
A la fin de cette première promotion, 6 jeunes sur 10 ont intégré un milieu de travail ordinaire.


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