DES METIERS AU FEMININ

La scierie TONNERIEUX est présente sur le site d'Uxegney dans les Vosges depuis 1935. Malgré de lourds investissements de 1996 à 1998 pour moderniser l'entreprise familiale, le travail dans la scierie reste rude, très physique pour certains postes et les demandeurs d'emploi dans ce domaine ne se bousculent pas. Jean-luc Tonnerieux, dirigeant de la scierie, ne se décourage pas et se rend régulièrement à l'ANPE pour trouver les employés dont il a besoin, sans succès.
Or c'est connu la Femme est l'avenir de ... Et depuis peu, l'entreprise compte parmi ses ouvriers deux femmes, Karine en contrat de qualification et Emilie en contrat d'apprentissage.


Afin de les intégrer au mieux et de leur permettre d'accéder aux postes les plus physiques, généralement occupés par des hommes, Jean-Luc Tonnerieux a pris le parti d'aménager les postes de travail et de construire de nouveaux locaux. De nouveaux investissements pour la scierie qui se voient allégés grâce au contrat pour la mixité des emplois proposé par la Délégation Régionale aux Droits des Femmes.


Objectif Formation : On a peu l'occasion d'associer des femmes au métier de scieur, c'est un nouveau concept ?

Jean-Luc Tonnerieux : Pour les autres scieries peut-être, pour moi, non. Les femmes ont toujours été présentes. Ma mère a travaillé à la scierie, même si elle s'occupait essentiellement de la comptabilité, et puis nous avons eu, pendant une dizaine d'années une ouvrière très compétente, cette fois, à la production. Elle a dû nous quitter pour des raisons de santé, pas à cause du travail.

OF : Alors c'était une volonté pour vous d'intégrer à nouveau des femmes dans la scierie ?

J-L T : Non, c'est le fruit du hasard. Moi je veux intégrer du personnel tout court. Il faut
savoir que depuis quelques temps, et aujourd'hui encore, j'ai besoin de recruter. Malheureusement, il y a peu, voire pas de candidat dans ce domaine.
Karine a sonné à ma porte après avoir vu l'offre d'emploi à l'ANPE en juillet 1999. Elle a terminé un contrat d'apprentissage le 31 août et dès le 1er septembre 1999, elle était en intérim chez nous jusqu'au 6 décembre. Elle a ensuite enchaîné par un stage-formation «ouvrière de scierie», mise en place par le Conseil Régional à Saulxures sur Moselotte jusqu'au 25 juin 2000. Aujourd'hui elle est ici en contrat de qualification jusqu'en janvier 2001.
Pour Emilie, c'est aussi une démarche de sa part. Elle est en contrat d'apprentissage, deux semaines chez nous, deux semaines au Centre de Formation Industrielle de Thaon pour passer un bac PSPA (Pilote de Système de Production Automatique). En fait, à l'école, elle apprend la théorie de pilotage des machines, ici elle fait l'apprentissage du bois et met en pratique la commande des machines.

A la date d'aujourd'hui, l'entreprise est mixte, avec Cendrine (16 heures par semaine au bureau), Raymond, 40 ans d'ancienneté (scieur), Nicolas, 22 ans d'ancienneté (délignage, empilement), Fabien, depuis un an (affutage), Karine, depuis 7 mois (délignage, empilement), Emilie, depuis un mois et demi (empaquetage des liteaux et écorçage), et moi.

OF : Vous avez réalisé de gros investissements pour moderniser la scierie. Comment envisagez-vous la suite ?

J-L T : C'est vrai que de 1996 à 1998, j'ai investi lourdement (2,5 millions de francs pour 3 millions de chiffre d'affaires annuel).
Une partie concernait le bâtiment, également l'électrification et l'aspiration des sciures, et le plus gros morceau pour l'achat de machines comme la déligneuse.
Je projette dans les années à venir de rénover les bâtiments de la scierie pour apporter cette fois plus de confort pour les ouvriers, notamment en terme de chauffage des cabines de commande des machines .

Mais je vais attendre et procéder par étape, comme je l'ai toujours fait. Aujourd'hui, des priorités sont apparues, avec la venue de Karine, que je voudrais amener à une polyvalence complète. Cela s'est renforcé avec l'arrivée d'Emilie.

En fait, elles doivent pouvoir accéder à tous les postes, au même titre que mes ouvriers hommes. Je sais que certains postes demandent de grosses manipulations et une force physique importante.
Il est donc devenu indispensable d'une part, pour une meilleure productivité, de remédier à des « blocages » matériels qui limitent (ou empêchent) l'occupation des postes «physiques » par les filles.


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