LE CERFAV : LA FORMATION A L'ORIGINE DE LA CRÉATION
D'UN POLE INTERNATIONAL DU VERRE

Crée en 1991, le CERFAV avait pour vocation d'aider les entreprises verrières à innover pour surmonter les effets de la crise économique et d'une forte concurrence venue des Pays de l'Est. Dix ans plus tard, nous avons demandé à son directeur, Monsieur Denis SIMMERMANN, de retracer les différentes étapes d'un projet qui paraissait à l'origine très ambitieux et qui a su tenir ses promesses pour devenir le creuset d'un pôle international du verre.


Objectif Formation : Comment avez-vous entrouvert les premières portes ?

Denis SIMERMANN : A l'origine, nous voulions créer à la fois un lieu d'animation et de recherche pour former le personnel des entreprises verrières. Mais, nous avons été victimes d'une part d'une première confusion due à notre implantation à proximité des usines de Vannes le Châtel : les cristalliers ont pensé que nous étions l'émanation de DAUM ; d'autre part, nous avions affaire à un matériau "diabolique" très difficilement manipulable et notre " manque d'expérience" dans une activité traditionnelle faite de " petits secrets " n'encourageait pas les cristalleries à nous faire confiance.

Aussi J'ai calqué la philosophie du centre sur celle d'un ingénieur qui a des problèmes techniques à résoudre. N'ayant pas le savoir-faire sur place, nous avons basé nos programmes sur des vacataires et prestataires extérieurs en proposant des modules de formation avec des objectifs assez pointus.
Les entreprises lorraines ont été nos premiers clients, la formation étant pour eux un souci permanent (pour former un bon verrier en entreprise, il faut 10 ans), de plus pour qu'un verrier reste dans l'entreprise, il faut lui donner des possibilités d'évolution importantes.

O.F . : Combien d'entreprises travaillent avec le CERFAV ?

D.S. : Pratiquement toutes les entreprises françaises, y compris les plus importantes comme Cristal d'ARQUES, Saint Gobain et BSN et dans des domaines parfois curieux : les entreprises disposaient par exemple d'un service qui élaborait des prototypes avec des résines de synthèse. Cependant le poids, la clarté, la transparence ne sont pas les mêmes que celle du verre. Or les clients souhaitent se rapprocher de la réalité.
Nous avons répondu à leur demande en développant le secteur de la presse à main. Cristal d'ARQUES a pu également élaborer un processus industriel qui associe le cristal incolore et la couleur ; cela s'est avéré un grand succès commercial.

O.F. : Ce sont toujours des modules de formationŠ ?

D.S. : Non, nous intervenons également sur une formation plus longue que l'on appelle " Les Compagnons Verriers Européens ". Elle concerne chaque année 8 personnes environ, sélectionnées sur dossier, qui ont vocation de créer leur entreprise, de devenir artistes libres ou, grâce aux stages, d'intégrer les grandes entreprises européennes, certaines même se sont installées aux Etats-Unis. Notre but est de déterminer avec chaque stagiaire un projet personnel et de l'aider à s'insérer dans son domaine professionnel. Après 2 ans d'études, grâce au programme européen " Léonardo ", chacun pourra choisir un stage dans l'un des 9 pays d'Europe qui ont, soit une forte tradition verrière comme Murano, soit une plus récente comme en Grande Bretagne pour la pâte de verre.


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