O.F. : Et les résultats sont probants ?

D.S. : Avec ce système, nous avons été les premiers à faire entrer une jeune femme dans les ateliers de Venise ; les premiers 6 mois étaient difficiles mais un an plus tard, elle devenait l'adjointe du chef d'entreprise. Elle continue à apprendre son métier et y développe en parallèle une démarche
artistique.

O.F. : Vous accueillez aussi des formations en apprentissage ?

D.S. : Oui, on accueille une trentaine de jeunes chaque année répartis en 16 groupes (sur 2 ans). Or, ces jeunes sont à 70% des bacheliers qui veulent se confronter à l'aspect concret du métier, souvent après avoir fait un cycle d'art plastique.
Nous intervenons aussi en formation continue, les stagiaires viennent pour une semaine, 15 jours, 3 mois ou 6 mois et parmi eux figurent de nombreux salariés d'entreprises.

O.F. : Vous avez été également un des premiers centres de formation à obtenir la certification ISO 9001...

D.S. : Il est nécessaire que la formation dispensée donne la possibilité à chaque stagiaire de continuer son parcours par la suite. Cela demande une démarche pédagogique très vigilante, à la fois individualisée pour favoriser l'émergence de leur propre projet et personnalisée car à l'intérieur de chaque module, le formateur va rencontrer des profils différents. Ici, chaque semaine et chaque jour sont différents car il faut tenir compte à la fois des disponibilités des équipements, des lieux, des formateurs. D'où la recherche d'une méthode adaptée à nos contraintes.

O.F. : Et pour l'aspect recherche ?

D.S. : Nous avons recruté un ingénieur à qui on demande d'assurer les contacts avec les entreprises, d'analyser les problèmes rencontrés et d'apporter des réponses par une veille technologique adaptée et performante. Très rapidement, le Ministère du Commerce et de l'Artisanat nous a reconnu comme pôle d'innovation et depuis 1993, nous réalisons des études, du conseil, de la veille et du transfert de technologies. Cela nous a conduits à développer une troisième composante : le pôle ressource structuré autour d'un site internet de 900 pages qui est devenu un véritable portail du verre et intègre les informations à caractère économique, historique, technologique et de multiples bases de données.

O.F. : Sur le plan budget et ressources ?

D.S. : Les 3 pôles du CERFAV : Formation (70% du budget), Recherche et Ressources (15% chacun) représentent un budget de 7 millions de francs et emploient 20 salariés.
Au niveau des ressources : 40% en ressources propres (Fongécif, taxes d'apprentissage, et vente de prestations aux entreprises), 40% sont conventionnées (Education Nationale et Région Lorraine) et 20% sont issues de projets particuliers type Léonardo (avec un cofinancement Europe - Ministères ­ Région Lorraine).

O.F : Dans le domaine de l'innovation technologique, vous êtes confrontés à quels types de problèmes ?

D.S. : Par exemple ceux liés au collage entre le verre et les moules ou la composition du verre car à terme, le cristal va être interdit (présence de plomb) il faudra que les industriels mettent au point une qualité de verre identique mais sans plomb.
Le traitement à l'acide va également être davantage réglementé.
C'est ainsi qu'est née l'idée de mettre en place un pôle verrier en recherchant des partenaires ressources pour crédibiliser notre action. Très vite, on s'est aperçu que pour travailler à haut niveau, il nous fallait des partenaires universitaires. Ainsi , avec les écoles d'architecture et des beaux arts, nous avons mis en place un partenariat qui permet d'être référencé au niveau verrier sur le plan international et contractualiser avec les autres écoles internationales. Les avancées les plus spectaculaires ont été réalisées avec les universités nancéennes (INPL, UHP). Aussi, nous nous sommes rapprochés de Monsieur Alain de GIOVANNI, directeur de l'Ecole Européenne d'Ingénieurs en Génie des Matériaux de l'INPL.

Alain de GIOVANNI : Il y a trois ans, nous avons créé une licence très ciblée sur le matériau verre avec la particularité d'être scientifique, technologique et sensible aux arts et à l'architecture. Elle regroupe actuellement 14 étudiants. Nous avons également développé pour la 5ème année, un diplôme d'approfondissement axé sur le matériau verre.
Ainsi, en raison de sa tradition historique et la concentration actuelle de compétences, nous avons créé le Réseau Verrier Lorrain (REVELOR) qui regroupe 13 laboratoires des 3 universités lorraines, les collectivités locales et régionales, le CERFAV et les entreprises.


Sommaire    Page 12