QUINQUAS, le retour ?

"Les vieux aigris étaient certainement déjà cons avant..."
"Les quinquas croient que les jeunes ne savent rien faire..."
"Respectons les fossiles !..."

"En France, les jeunes doivent compenser la non-rentabilité des anciens qui bénéficient de rémunérations injustifiées..."
Mais aussi,
"Le quinqua est celui qui "montre" l'ambiance aux jeunes qui arrivent..."

"Les jeunes doivent booster les quinquas usés ou profiter de l'énergie des quinquas dynamiques..."

"Il y a des jeunes déjà vieux de caractère... et des quinquas qui restent jeunes..."


A travers ces quelques messages, l'ANDCP Lorraine Nord présidée par Christian HERSON, a donné le signal de départ d'une soirée de travail très dense sur le thème des Quinquas dans l'entreprise.

Organisée avec le soutien de COGITO (Association du DESS de Psychologie du Travail et nouvelles technologies des Universités de Metz et de Nancy), et rassemblant plus de 250 personnes, cette soirée s'est déroulée en 3 temps :

1 - La problématique des quinquas vue par les jeunes.

Une enquête a été réalisée par les étudiants du DESS de Psychologie du Travail et nouvelles technologies auprès de plus de 600 personnes interrogées.
L'objectif de cette étude est d'apporter des éléments d'information sur une problématique actuelle qui interroge la société et plus particulièrement les entreprises : quel est l'avenir des relations entre les jeunes et les quinquagénaires ?
Manifestement, les jeunes ne partagent pas tous la même représentation des quinquagénaires.
Néanmoins des caractéristiques communes émergent des réponses apportées :
- + 90% des jeunes répondants leur accordent un respect
particulier,
- les quinquas sont majoritairement perçus comme des "ressources" et des "sages",
- 66% des répondants n'ont pas de préférence pour le genre du quinqua à embaucher,
- l'âge idéal du collègue se situe entre 20 et 40 ans. Seulement 4 % choisiraient un collègue de plus de 50 ans,
- l'âge idéal d'un tuteur se situe entre 36 et 45 ans. Moins de 5% des jeunes aimeraient avoir un tuteur de plus de 55 ans etc...

En conclusion, sans exclure des conflits locaux, les résultats de l'enquête montrent que la majorité des jeunes voient les quinquas comme les autres salariés de l'entreprise. Il est donc peu probable que les jeunes soient à l'origine de conflits intergénérationnels.

2 - La problématique des quinquas vue par les quinquas eux-mêmes et les dirigeants d'entreprise :

Pour ADECCO, Pascale LEVET, Directeur Adjoint et spécialiste des différentes strates d'âges dans l'entreprise, il faut gérer et anticiper le vieillissement par la formation,le coût salarial et l'organisation du travail.
Au-delà de la politique d'emploi dans l'entreprise, deux axes de réflexion sont à prendre en compte :
- L'idée de seconde carrière : la transformation qu'apporte l'allongement de la vie professionnelle impose de repenser le déroulement des parcours professionnels...
- La question de la transmission a totalement changé de sens : que reste-t-il à transmettre quand les métiers, les technologies et les comportements changent sur des cycles si courts que "jeunes et vieux" réapprennent sans cesse ? Pascale LEVET conclut en souhaitant "la fin de l'apartheid générationnel" par notamment la création de lieux d'échanges et de dialogues et une adaptation des pratiques de gestion des ressources humaines.

Retrouvez les résultats des enquêtes de Lab'Ho du Groupe ADECCO, du DESS Psychologie du travail et nouvelles technologies et les actes de la manifestation sur le site internet de l'ANDCP Lorraine Nord : www.andcp-lorraine-nord.com.
3 - Table ronde animée par S. Guérin, Professeur associé en sciences de la communication à l'Université de Lyon II, avec la participation de R. CAYZELLES (Président du CES de la Lorraine), de représentants d'entreprise et de D. CROQUETTE, Directeur Général de l'ANDCP.

P. PIERRON, Président Régional de l'ANDCP et G. CHERPION, Vice-Président du Conseil Régional ont clôturé cette rencontre en encourageant les DRH à anticiper la gestion des âges dans l'entreprise : tout se jouerait désormais à 45 ans !...
Il faut donner des projets aux salariés pour qu'ils s'investissent davantage.

M-O.V.



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