" LE CHOC DEMOGRAPHIQUE DU PAPY BOOM ET LA POLITIQUE RH DES ENTREPRISES ",
UNE ETUDE DE LA CEGOS*
Pour réaliser cette étude, la Cegos, cabinet de conseils et formation, a interrogé 150 directeurs des ressources humaines d'entreprises de plus de 200 salariés et, en miroir, afin d'identifier d'éventuels décalages, 150 cadres (âgés de 40 à 55 ans).
Pas de recrutement massif...
A la question précise : "Allez-vous recruter des 50 ans et plus à l'occasion des départs à la retraite du Papy Boom ?", la réponse des DRH est formelle : "Non ou pas beaucoup plus qu'avant". Le "non" se retrouve chez 67% des DRH interrogés 61% déclarent ne pas envisager de recruter, tous âges confondus.
Les cadres interrogés sont quant à eux plus catégoriques : ils ne voient pas évoluer les pratiques de recrutement des 50 ans et plus dans les années à venir...
"Même les secteurs à faible mobilité, à emplois de masse, qui ont par le passé généré des carrières uniques, des "emplois à vie", comme ceux de l'assurance, des banques, le secteur public ou semi-public ont attendu les départs en retraite en masse aujourd'hui pour rééquilibrer leurs effectifs" constate Hubert Trapet, Directeur de mission Cegos. "La réalité est brutale, les bonnes habitudes ne semblent pas prêtes de changer..."
Un vrai capital emplois
En prolongeant l'activitéde 5 à 6 ans des cadres en position de seconde carrière, on aurait un vrai capital d'emplois. Eh bien non ! se désole H. Trapet. "Nous sommes devant un véritable problème de culture dans l'entreprise mais également au niveau du droit du travail.
Il existe des textes qui pénalisent par exemple l'emploi des travailleurs âgés" (augmentation du coût des charges sociales pour les personnes de plus de 60 ans).
Concrètement, on ne voit pas nettement apparaître de dispositifs de transferts de compétences, d'adaptation du travail à des carrières prolongées ou encore de recherche de carrières adaptées aux quinquas.
Sans parler de la formation. Tout le monde le sait, plus on est âgé, moins on part en formation !
Meilleures formationS ? Même pas...
Les directions d'entreprises et les directeurs des ressources humaines ne se voient pas recruter de façon massive.
Les éventuels remplacements suite aux départs des plus anciens se feront à l'interne.
Ceci étant, à la question "Ces départs conduisent-ils à développer des formations spécifiques pour les plus de 50 ans ?" la réponse est non, et à 70%.
Ainsi, les systèmes actuels seront prolongés ; à savoir, départs anticipés, préretraites et d'une façon générale, la dévaluation du travailleur âgé.
Il y a donc peu d'espoir pour les cadres, même si l'APEC prévoit un déficit de l'ordre de 50 000 cadres par an toutes catégories confondues pour les très prochaines années.
Pour finir, les DRH sont tiraillés entre deux phénomènes. D'une part, l'adaptation des effectifs dans une période de crise et donc une tendance à la déflation et d'autre part, un contexte problématique d'équilibre des régimes de retraites et de démographie. Pour l'instant, la contrainte d'activité n'est pas là pour imposer un maintien des seniors.
Sources : Cegos et seniorplanet.fr
* La loi sur le régime des retraites de juillet 2003 devrait corriger ces désquilibres présentés dans cette enquête.