Des métiers mal perçus par le grand public mais appréciés par ceux qui les exercent. Des employeurs mesurant difficilement les motivations de leurs salariés. Un développement de la formation continue nécessaire.
OF : Quels étaient vos partenaires ?
D.C. : Le projet était piloté par un organisme de recherche luxembourgeois et réunissait sept partenaires : L'université de Glasgow (Ecosse), Inorga Consulting (Tchéquie), l'Institut für Berufsforderung de Münster (Allemagne), l'Instituto Guiglielmo Tagliacarne de Rome, Technological Educational Institute of Cretes, l'Université de Nijmegen (Hollande), pour l'évaluation scientifique.
Cette étude a porté sur le secteur agroalimentaire, et un secteur "au choix". La France et la Crête ont choisi le tourisme en milieu rural.
OF : Quelle est l'originalité de cette étude ?
D.C. : C'est de comparer le point de vue des salariés et de leurs employeurs face aux problèmes de déficits en compétences et solutions préconisées, plus particulièrement en matière de formation. Plus de 1050 questionnaires comportant plus de 30 questions chacun ont été dépouillés dans les sept pays.
OF : Parmi les résultats de ce vaste travail, quels sont les plus surprenants ?
D.C. : Les poste occupés et les conditions de travail sont évidement très différents d'une entreprise à l'autre. Les enquêtes permettent cependant de dégager des tendances valables dans les différents secteurs et les sept pays étudiés. Il y a bien une attitude européenne face à l'emploi, la formation et les qualifications. C'est ce qui nous a le plus surpris, compte tenu de la diversité des secteurs et des pays enquêtés.
OF : Quels sont les constats ?
D.C. :
En matière de recrutement, les employeurs sousestiment l'intérêt que les salariés portent à leur travail. Ce facteur est tou- jours plus important que le revenu ou la sécurité de l'emploi. Les salariés aiment l'emploi qu'ils ont choisi. Les employeurs croient au contraire souvent qu'ils n'ont pas eu le choix.
La plupart des personnes travaillant dans un secteur dont l'image est négative pour le grand public, pensent qu'elles exercent une activité intéressante. Ceci est confirmé par le fait que les premiers vecteurs de recrutement sont les employés des entreprises.
60% des employeurs interrogés ont des problèmes de recrutement. La première explication : la faiblesse des salaires. Le manque de compétences rapidement exploitables arrive en second.
La paresse des jeunes vient ensuite, elle est généralement mise en avant par les employeurs qui refusent les apprentis. Ils ne pensent pas aux conditions de travail qui sont primordiales pour leurs employés.
Les employeurs et les salariés s'accordent dans leurs revendications : le renforcement des formations professionnelles arrive en tête des propositions à faire aux pouvoirs publics. La diminution des taxes et charges arrive ensuite dans les réponses des employeurs, quel que soit le niveau de ces charges qui est cependant différent suivant les pays.
OF : Qu'est ce qui a intéressé vos partenaires dans le système français ? At-il des particularités ?
D.C. : La présence de plans de formation obligatoires dans les entreprises françaises, alors que cela n'existe pas dans les autres pays, a suscité un vif intérêt. Le rôle des OPCA, ainsi que notre système de Validation des Acquis de l'Expérience ont provoqué un questionnement parfois teinté d'envie.