édito
ENTRETIEN AVEC Bernard GENIN,
DÉLÉGUÉ ACADÉMIQUE À LA FORMATION CONTINUE

Nommé le 20 septembre dernier, Bernard GENIN a mené sa carrière au sein de l'Education Nationale. Son retour en Lorraine lui offre une double opportunité : se rapprocher des siens et s'investir sur un champ particulièrement intéressant, la formation professionnelle continue.



B.GENIN
Après avoir été professeur en génie électrique, il fut de 1983 à 2000 inspecteur de l'enseignement technique notamment à Strasbourg et Nancy. Depuis quatre ans, il occupait à Nice les fonctions de Délégué Académique aux Enseignements Techniques (DAET) et inspecteur académique des sciences techniques industrielles.

Quelles sont vos priorités au sein de la DAFCO ?

Tout d'abord, je tiens à souligner mon attachement au concept d'éducation permanente. Concept qui suppose que formation initiale et formation continue ne peuvent être dissociées.

En effet, la politique européenne de développement de la formation tout au long de la vie ; la décentralisation engagée par l'Etat ; l'accord national interprofessionnel relatif à l'accès des salariés à la formation tout au long de la vie ; ou bien encore les nouveaux processus d'accès aux diplômes par la Validation des Acquis de l'Expérience impliquent notamment que la formation initiale se réapproprie la notion : formation-emploi.

En d'autres termes, elle se doit de correspondre aux besoins des territoires.

Concernant le réseau lorrain des Greta, plusieurs chantiers sont à entreprendre :

la restructuration de l'offre de formation pour des soucis de cohérence, de meilleure lisibilité et de mutualisation. L'objectif est d'identifier des pôles de compétences développant des ressources, des savoir-faire, des partenariats au service de tout public (lycéen, demandeur d'emploi, salariéŠ) ;

le développement de l'individualisation pour répondre notamment aux besoins de formation des entreprises ;

la simplification des procédures relatives à la VAE afin de s'adapter aux demandes des branches professionnelles et des individus ;

la reconquête du marché privé de la formation. A ce titre, l'image des Greta comme réseau d'établis-sements intervenant uniquement sur le marché public doit disparaître.

Face à ces priorités, quelles actions envisagez-vous ?

Pour rendre notre offre de formation plus lisible et par là-même en concordance avec les besoins du terrain, nous souhaitons engager une expertise des territoires et de la carte académique de formations.

Notre objectif est de prendre en compte l'ensemble des outils et des données existants sur un territoire, les confronter à ceux de l'Education Nationale puis en développer, si nécessaire, de nouveaux.
Enfin, former les acteurs de chaque bassin (présidents et directeurs de GRETA, CIO, Š) à ces outils.
A ce titre, j'insiste sur l'importance du bassin de formation qui est un lieu privilégié de réflexions, de propositions, d'échanges associant l'ensemble des acteurs.

Autre action envisagée : travailler avec les branches professionnelles.

Partant de secteurs d'activités identifiés comme le sanitaire et social, la banque-assurance ou bien encore la logistique, nous souhaitons engager un travail de coordination avec l'ensemble des acteurs concernés afin de confronter puis ajuster l'offre complète de formations (initiale et continue) aux besoins des branches.

Enfin à l'interne, trois départements se reprofilent : un service développement, le CAR (Centre Académique de Ressources) et le GIP Formation- Conseil qui devront, chacun développer un projet de service.

Ceux-ci participent au projet académi-que initié le 20 janvier dernier par le Recteur Leroy qui donne comme enjeu la formation tout au long de la vie.

Certes, la réalisation et le succès de ces actions passent avant tout par une étape nécessaire : le management et la mobilisation de l'ensemble du personnel.

C.E.


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